Mardi 28 novembre 2006
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PARIS (Dow Jones)--L'annonce du départ du directeur général d'Oberthur Card Systems (12413.FR) Pierre Barberis constitue une mauvaise nouvelle pour le groupe alors qu'il traverse un passe délicate, estiment les analystes.
"Ce départ intervient à la fin d'une année 2006 difficile pour la société, qui doit faire face à la formation de Gemalto (GTO.FR), le géant du secteur, et à une forte dégradation de sa rentabilité", écrit CM-CIC Securities dans une note.
Le spécialiste de la carte à puce devrait dégager une marge opérationnelle d'environ 2,5% en 2006, en fort repli par rapport aux 9,4% enregistrés en 2005, en raison de la forte pression à la baisse sur les prix des cartes SIM et du ralentissement du marché bancaire en France et au Royaume-uni, ses deux principaux marchés.
"Pierre Barberis était unanimement apprécié pour sa connaissance du secteur de la carte à puce, notamment dans le paiement" écrit pour sa part Képler.
Pierre Barberis, âgé de 63 ans, qui dirigeait Oberthur Card Systems depuis quatre ans, a démissionné, officiellement "pour des raisons personnelles", afin de rejoindre l'Asie du sud-est, a indiqué mardi Oberthur Card Systems dans un communiqué.
Son départ intervient cinq mois après celui du directeur financier Cyril Malher, qui avait été remplacé en juillet dernier.
Oberthur n'a pas dévoilé le nom du successeur de Pierre Barberis, mais a indiqué qu'il avait "d'ores et déjà été sélectionné" et devrait prendre ses fonctions début janvier 2007.
Le départ de Pierre Barberis limite la visibilité sur le groupe, estiment les analystes, malgré les déclarations d'Oberthur selon lesquelles l'entreprise "est aujourd'hui parfaitement armée pour faire face aux conditions de marché 2007".
Oberthur Card Systems est actuellement engagé dans une restructuration qui se traduit par la délocalisation de sa production vers des pays à bas coûts.
CM-CIC estime que le remplacement de Pierre Barberis "devrait conduire à la définition d'une nouvelle stratégie début 2007" et que la visibilité sera réduite sur le dossier au cours des prochains mois.
"Son départ pourrait éveiller des soupçons sur les objectifs optimistes du groupe", estime par ailleurs Kepler.
Kepler rappelle que, contrairement à Gemalto, Oberthur prévoit une forte croissance organique au quatrième trimestre (estimée par Kepler à 10,5%, après 1% sur les neuf premiers mois), un rebond de sa profitabilité au second semestre (anticipée par Kepler à 5,6%, après 1,7% au premier), ainsi qu'un retour en 2007 au niveau de rentabilité observé en 2004 et 2005 (environ 9%).
A Paris, le titre perd 2,5%, à EUR5,05 à 11h45 dans un marché stable.